Preview of: Giotto's frescos in Scrovegni Chapel

Giotto's frescos in Scrovegni Chapel

ca. 1305

  • Scrovegni Chapel, Padua, Italy

Creator(s)

Title(s)

  • Giotto's frescos in Scrovegni Chapel

Date of creation

ca. 1305

Materials and techniques

Fresco

Place of conservation

  • Scrovegni Chapel, Padua, Italy

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Giotto di Bondone (dans le Mugello, 1266 ou 1267 — Florence, 1337), Chapelle Scrovegni (Cappella degli Scrovegni), dite également Chapelle ou Église de l’Arena (Santa Maria dell’Arena), vers 1303-1305, décor et cycle narratif peint à fresque, azurite appliquée à sec, insertion d’éléments métalliques, Padoue, désormais Musei Civici di Padova.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2021, le décor peint de la chapelle Scrovegni a toujours été regardé comme une œuvre majeure du patrimoine artistique européen et comme un jalon incontournable d’une révolution picturale accomplie par Giotto et préparant à la Renaissance du Quattrocento. Il prend place dans un petit édifice dédié à la Vierge élevé à partir de 1302 à l’instigation du notable padouan Enrico Scrovegni (mort en 1336) à proximité de son palais. Sa réalisation, sans doute conseillée par les membres de l’ordre religieux des Cavalieri Gaudenti, s’inscrit probablement dans une volonté d’expier les péchés d’usure de la famille Scrovegni. Son programme iconographique accorde ainsi une place centrale au rôle de Marie dans l’économie du Salut. Les murs latéraux s’organisent en trois registres formant un cycle narratif de trente-huit épisodes de la vie de la Vierge et du Christ qui trouve son acmé dans l’Annonciation peinte sur le mur de l’arc triomphal qui fait face à un grand Jugement Dernier peint au revers de la façade figurant Enrico Scrovegni remettant la maquette de la chapelle à la Vierge. Il se déploie sous une voûte couverte d’un ciel étoilé sur fond bleu et s’appuie sur un soubassement imitant un décor en marbre comprenant une série de quatorze personnifications des vertus et des vices peintes sous la forme de statues disposées dans des niches.

Le décor de la chapelle Scrovegni apparaît comme le chef-d’œuvre incontesté de la maturité de Giotto. Il se démarque de toutes les productions antérieures par des effets d’illusionnisme spatial déclinés sous plusieurs formes, dans le décor architectural, qui relève parfois du trompe l’œil, et dans les scènes narratives rendues parcourables à partir de paysages naturels à l’échelle des personnages et, surtout, de lieux architecturés élaborés suivant une perspective géométrique préparant les développements de la Renaissance. Cette conception de l’espace, au service de la narration, est déterminée par une nouvelle approche de la figure humaine, qui répondait jusqu’alors à un système codifié, plus attentive à la densité physique, à l’expression corporelle et aux émotions humaines. Elle permet à Giotto de reconfigurer des thèmes iconographiques traditionnels et d’inventer des compositions théâtrales destinées à marquer la culture visuelle occidentale.

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